S.W.D.R.
1 sur le marché, 2 chez le boucher,
3 mon cabas est rempli à craquer
j’ai enfourné bien au fond d’mon sac
de splendides écorchés, de jolies carcasses
tu gisais offerte sur l’étale, beauté bestiale
mon cœur a sombré devant ton joli corps dépecé
vautré comme l’Olympia de Manet
ta nature morte est livide
délicatement faisandée
tu découvre des trésors si beaux
quand je t’arrache la peau
ma beauté énucléée, si belle, démédullée
tu es la vérité nue
ton ventre est si large, telle une avenue
j’ai épinglé partout sur les murs
des crucifix éventrés sous de douces fourrures
au contact de leurs côtes tout mon corps palpite
serais-je schizophrène, sociopathe, psychotique ?
d’la chaire, du sang, des os,
salive, pendant qu’j’m’enfonce dans tes boyaux
si douce quand je fouille dedans ta faille
que je glisse, m’engloutisse, m’enfouisse dans tes entrailles
tes abas dans ma bouche
libèrent un goût acide
de tous ces plaisirs louches
il faut que je me vide
je viendrai tout contre toi
je te prendrai dans mes bras
il y aura du sang partout sur les murs
une multitude de petits organes éparpillés
au début ça sent pas bon,
non, c’est vrai…
puis on s’y fait
je m’enfoncerai dans ton ventre ouvert au cutter
baignant dans la graisse intestinale réchauffée au micro-onde
ah, je m’oublierai
malgré mes hauts le cœur
et je n’aurai plus honte
et je t’aimerai toute la nuit
